Et si on levait les yeux du ring politique ?

Cela fait plusieurs mois que j’ai quitté la politique active. Un choix assumé, réfléchi. Mais je reste un observateur attentif, peut-être même plus lucide aujourd’hui que je ne suis plus pris dans l’engrenage des partis, des mandats, des rivalités internes.
Et puis, ne plus être rémunéré par un parti… ça libère. Ça permet de parler librement, de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

Soyons clairs : mes valeurs n’ont pas changé. Je reste viscéralement attaché à la solidarité. C’est, selon moi, la ligne de fracture la plus claire entre la gauche et la droite.
Mon rapport à l’argent a toujours été simple : oui, je veux en gagner. Beaucoup, même, en tant qu’entrepreneur. Et je n’ai aucun problème à payer mes impôts.
Parce que je crois à un modèle où ceux qui réussissent partagent. Où l’ambition individuelle n’empêche pas la justice sociale. Un modèle de gauche qui assume l’initiative privée sans tomber dans un capitalisme sauvage où seuls les plus forts prospèrent.

Mais ce n’est pas de ça que je voulais parler aujourd’hui.

Combattre au lieu de co-construire 

Ce que je vois en ce moment, c’est une guerre absurde entre les deux plus grands partis de Wallonie : le MR et le PS.
Une guerre d’ego, de petites phrases, de micros coupés en plein débat. Une cacophonie stérile.
On ne débat plus, on s’invective. On ne construit plus, on détruit.
Et pire encore : on sent une tension personnelle, presque viscérale, entre les deux présidents. C’est devenu un spectacle… un triste spectacle.

Le dernier débat entre les présidents, sur la RTBF, en est une preuve affligeante. Le ton était si agressif, si cacophonique, que les micros ont été coupés à plusieurs reprises.
Dans ce genre d’échange, il devient impossible de distinguer la moindre idée. Tout ce qui transparaît, c’est la haine et le dégoût mutuel.
Un débat ? Non. Un ring. 

Et c’est partout pareil. On ne s’attaque plus seulement sur le fond, mais sur tout : les socialistes seraient des rêveurs, Georges-Louis Bouchez roulerait avec une carte handicapé, les journalistes eux-mêmes s’en mêlent (pas toujours objectivement…) sont pris à partie et invectivés. On attaque les personnes, le privé, la forme… jusqu’à oublier totalement le fond.

Aujourd’hui, quand on n’est pas d’accord, au lieu de débattre et de chercher un compromis, on tente de dénaturer l’autre, de le rendre peu crédible.
Et même si les politiques savent que c’est une pièce de théâtre, les citoyens, eux, ne le perçoivent pas ainsi. Ils voient la haine brute. Et le dégoût s’installe.

Qui gagne ? Qui perd ? On verra dans quatre ans.
Mais une chose est sûre : c’est la politique qui perd. Et avec elle, la confiance des citoyens.

Le débat public est devenu une bataille rangée où tout ce que fait l’un est forcément mauvais pour l’autre.
Mais enfin, soyons honnêtes : ces deux partis ont gouverné ensemble pendant des années. Ils ont construit ensemble. Vouloir effacer tout cela d’un revers de la main, comme si l’autre n’avait jamais rien apporté, c’est manquer d’honnêteté. C’est prendre les gens pour des imbéciles.

Le message des électeurs, en juin dernier, était pourtant clair : ils veulent du changement. Mais pas une guerre. Pas ce chaos.
Et surtout pas cette hypocrisie où chacun feint de tout redécouvrir comme si rien n’avait existé avant eux.

Entrepreneuriat solidaire 

Alors j’ose le dire : je reste convaincu que la meilleure alliance pour la Wallonie, c’est celle entre le PS et le MR.
Une idée peut-être utopique, mais qui m’a toujours animé : celle d’un pacte entre l’entrepreneuriat et la solidarité. Une alliance où chacun met de l’eau dans son vin, où l’on se retrouve quelque part au milieu du chemin.
Car nos points de convergence sont bien réels : le respect des accords passés, la volonté d’avancer, le sens des responsabilités.
Gouverner, ce n’est pas tout casser. Ce n’est pas faire table rase par principe.
Gouverner, c’est trouver des accords, construire des compromis, chercher des points de convergence.
C’est un modèle « à la belge » que certains moquent, mais qui, jusqu’ici, a permis d’avancer.

Polariser = danger

À l’opposé, le danger de la polarisation, c’est qu’elle finit par contaminer toute la société.
Les hommes politiques sont souvent intelligents, stratèges, aguerris. Ils savent qu’ils jouent une pièce. Chacun a son rôle, chacun son camp.
Je ne critique pas cela, tant que la pièce ne devient pas un cirque.
Mais quand on choisit une pièce violente, où l’on attise la peur de l’autre, on sème une violence bien réelle dans la société.

Il suffit de regarder autour de nous. En France. En Flandre. Le repli sur soi, la méfiance, la colère permanente ont nourri les extrêmes.
Et soyons lucides : il y a aussi, en Wallonie, un électorat qui, ailleurs, voterait pour Marine Le Pen ou pour le Vlaams Belang.

Peut-être que le MR tente de capter cet électorat. Peut-être qu’ils préfèrent qu’il vote pour eux plutôt que pour un hypothétique « Front national wallon ». Et cette stratégie fonctionne, oui.
Mais attention au retour de bâton.
On ne construit pas une société juste en instrumentalisant la peur. On ne gouverne pas durablement en clivant les gens.

Et je ne dis pas que le PS est exempt de reproches. Il y a, aussi, des postures électoralistes. Des choix dictés par l’agenda politique plus que par la bonne gestion ou la vision d’avenir.
Bref, chacun a ses responsabilités.

Alors non, je ne milite plus. Mais je continue à penser.
Et je continuerai à dire, sans amertume, ce que je crois juste.

PS/MR une solution envisageable? 

Oui, j’aurais aimé voir un vrai pacte PS/MR à Charleroi, en Wallonie, ailleurs.
Pas par goût des grandes coalitions, mais parce que je crois aux projets concrets et aux alliances cohérentes entre des forces qui, malgré leurs différences, partagent un socle commun : le respect des engagements, le sens des responsabilités, et la volonté d’agir.

Et je le dis sans naïveté : si cette alliance semble aujourd’hui impossible, ce n’est pas à cause des idées. Ce n’est même pas à cause des partis.
C’est à cause d’un climat. De relations interpersonnelles trop abîmées. D’un face-à-face qui empêche toute perspective.

Peut-être qu’il faudra du temps. Peut-être qu’il faudra d’autres visages, une autre génération, pour retisser ce lien.
Mais j’espère sincèrement que ça arrivera.
Parce que pendant que le haut se déchire, en bas, sur le terrain, les gens continuent à se parler. À construire. À respecter ce qui a été décidé ensemble.

Et si ce sont ces dynamiques-là, et pas les rancunes, qui reprennent le dessus, alors il y a encore de l’espoir.

En attendant, je continuerai d’observer, avec l’envie d’y croire encore.
Mais avec le regret de voir ce qu’on pourrait faire… si seulement on levait les yeux du ring.

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7 Responses

  1. Merci … pour cette grande clairvoyance… malheureusement la politique actuelle décrédibilise la confiance aux politiciens…😔😔😔

  2. It’s smart to prioritize account security – two-step verification is always a good idea, especially with quick registration platforms like jilitrick com. Instant deposits via GCash are convenient, but vigilance is key! Remember responsible gaming.

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