Et si on se reconnectait…

Vous aussi, votre téléphone est la dernière chose que vous regardez avant de dormir et la première que vous attrapez le matin en ouvrant les yeux ?

Le droit à la déconnexion, c’est un sujet devenu central ces dernières années. Avant, la question ne se posait même pas : on fermait son bureau, et le boulot s’arrêtait là. Aujourd’hui, avec nos téléphones, tablettes et montres connectées, se déconnecter complètement est devenu presque mission impossible. Toujours joignables, toujours connectés.

Et moi, dans tout ça ?

Ceux qui me connaissent (et même ceux qui me connaissent moins) savent à quel point mon rapport au téléphone est problématique. Je ne fume pas, je ne bois pas, aucune drogue ne m’intéresse… mais j’ai une addiction évidente : mon iPhone.

Pendant longtemps, j’ai refusé de l’admettre : « Mais enfin chou, c’est le boulot ! ». C’était l’excuse parfaite pour justifier mon addiction. Responsable politique, connecté aux réseaux sociaux jour et nuit, chaque notification semblait essentielle. Chaque like, chaque commentaire devenait une obsession. « Pourquoi lui avec sa photo banale obtient-il 200 likes, alors que ma vidéo stagne à 30 ? ». On devient vite accro à cette reconnaissance virtuelle.

Puis les choses évoluent, mais pas vraiment : je deviens secrétaire fédéral. Les raisons changent, pas l’addiction. La campagne, le scrolling incessant, les comparaisons permanentes… « Mais enfin chou, c’est le boulot ! ».

Un premier déclic.

Avril 2024, à la mer du Nord. Pour la première fois, j’éprouve le besoin urgent de poser mon téléphone pendant deux heures. Deux petites heures ? Ridicule pour certains, mais pour moi, une éternité. Mon réflexe quotidien : scroller en m’endormant et scroller dès le réveil. Je ne regarde même plus mon temps d’écran : ce serait trop indécent.

Puis tout s’arrête début 2025. Plus de politique, plus de PS, plus aucune excuse. Pourtant, rien ne change vraiment. Comme un vrai drogué, je vis avec mon addiction comme si elle était devenue normale. Après tout, ça ne détruit pas la santé… vraiment ?

Ma santé physique, probablement pas. Ma santé mentale ? Peut-être. Mais une chose est sûre : cela a abîmé certaines de mes relations et surtout volé beaucoup trop de mon temps. Et le temps, c’est justement notre richesse la plus précieuse, impossible à rattraper une fois perdu. Combien d’heures ai-je gâchées sur Facebook, Instagram, TikTok ? Bien sûr, j’ai appris des choses, je pense pouvoir dire que je suis devenu un « expert » de la communication sur les réseaux, j’ai acquis de l’expérience en personal branding, mais soyons honnêtes : ça ne compense jamais vraiment.

Je pense être un bon père, mais combien de fois ai-je dit : « Les filles, papa travaille », pour justifier encore un peu plus d’écran ?

Et maintenant ?

Aujourd’hui, je suis loin d’être guéri. Mais je progresse. Écrire ces lignes, c’est déjà un grand pas : je reconnais mon problème et surtout, je veux y travailler dès maintenant. Pas demain, pas lundi prochain, pas à mon retour de vacances. Maintenant! J’écris ce texte depuis la plage, en Italie, et mon téléphone n’est pas à mes côtés. Il est dans la chambre, et ce chaque jour depuis mon arrivée ici. Pas de téléphone à la plage, encore une fois cela peut paraître tellement évident et pourtant pour moi c’est presque une nouvelle manière d’envisager mes vacances. Certes, j’ai mon iPad pour écrire, mais sans connexion. Juste un carnet numérique.

Le combat ne sera pas facile, je le sais. Comme quelqu’un qui décide d’arrêter de fumer, il y aura des rechutes, des doutes, des pas en arrière. Mais je suis déterminé. Je veux être davantage présent, lire plus, apprendre toujours. J’ai encore ce besoin obsessionnel d’optimiser mon temps, d’être « rentable », mais chaque chose en son temps.

Pourquoi partager tout ça avec vous ? Parce que je suis convaincu que je ne suis pas seul. Si cet article permet à une seule personne de prendre conscience de son addiction numérique, alors j’aurai eu raison de l’écrire.

Merci déjà d’avoir pris le temps de me lire. Maintenant, prenez quelques minutes supplémentaires et réfléchissez : quel est votre rapport aux réseaux sociaux ? Combien d’heures passez-vous réellement sur votre téléphone chaque jour ? Est-ce vraiment sain ? Qu’est-ce que cela vous apporte vraiment ?

Ce blog n’a pas vocation à donner toutes les solutions, mais à poser les bonnes questions. Alors, racontez-moi : et vous, où en êtes-vous vraiment avec votre téléphone ?

Comme disait Charles Aznavour (repris dans la chanson Jefe de Ninho) : « J’apprends toujours quelque chose. Je suis toujours en train d’apprendre quelque chose. Je ne me suis jamais endormi un soir de ma vie sans apprendre quelque chose. »

C’est devenu mon leitmotiv. Et les leçons les plus précieuses, ce sont celles qu’on tire sur soi-même. Alors oui, j’ai un problème, mais je suis prêt à le gérer. Je ne deviendrai jamais celui qui abandonne totalement son téléphone, mais je veux lui redonner la place qu’il mérite réellement dans ma vie : très limitée.

Aujourd’hui, mon iPhone ne mérite plus cette importance. Et vous, quelle place mérite-t-il réellement dans votre vie ?

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