Si tu évaluais ta vie aujourd’hui et que tu devais lui donner une note sur 10… tu lui donnerais combien ?
C’est avec cette question que Maxime Pourtoit, échevin de la Ville de Mons, m’a un peu perturbé lors d’un dîner “d’affaires”. Au début, on se dit : « Quelle drôle de question. » Et puis je me suis prêté au jeu. Au fond… combien je lui donnerais, à ma vie ?
Comme tout bon suranalyste qui se respecte, une série de questions arrivent immédiatement. Est-ce qu’on note la vie professionnelle ?La vie privée ? La vie actuelle ? Ou la vie en général ? Je pose toutes ces questions… et la réponse est volontairement évasive. Une note. Point. Pas besoin d’explication. Si tu veux la justifier, tu la justifies. Sinon, tu donnes juste ta note.
Et puis les notes tombent. Et finalement, ce ne sont pas tant les notes qui sont intéressantes… mais les réactions des gens.
Certains surjouent : « Moi ma vie est parfaite. » D’autres assument une note mi-figue mi-raisin. Personnellement, je me prête au jeu assez sincèrement, comme j’ai l’habitude de le faire. Sans ressentir le besoin de la justifier. C’est ma note. C’est mon état du moment.
Ensuite, en y réfléchissant, je me dis que c’est finalement un bon exercice. Accepter la note que l’on donnerait à sa vie, c’est aussi une manière soit d’en profiter, soit de décider de la faire évoluer.
Si la note est mauvaise, c’est peut-être le moment de mettre des choses en place. Même de petites choses. Si la note est bonne, alors il faut en profiter.
Vivre maintenant, tout de suite
« Vivre le moment présent »… une belle phrase toute faite. Et pourtant tellement difficile à appliquer. Après, ne nous voilons pas la face : la note que nous donnons à notre vie est aussi influencée par des événements que nous ne contrôlons pas. Et là, sans abuser des citations, je vais reprendre une phrase que Thomas Dermine répétait souvent en campagne. La célèbre prière de la sérénité des Alcooliques Anonymes (un comble pour un athée comme moi qui n’a jamais bu une goute d’alcool) : « Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence. »
Et donc, à partir de cette simple question… plein de choses commencent à bouillonner dans ma tête.
Ce que je pourrais changer pour améliorer cette note. Ce que je ne pourrai pas changer et que je dois simplement apprendre à gérer. Encore une fois, je pense que ce type d’exercice peut être bénéfique. Bien plus qu’une simple animation de soirée. Mais la plus grande difficulté n’est pas d’analyser. La plus grande difficulté… c’est d’être sincère avec soi-même. Et ça aussi, ça m’a frappé. Combien de personnes se mentent à elles-mêmes sur la “qualité” de leur vie ? Et au fond, n’est-ce pas la meilleure manière de ne jamais la faire évoluer ?
Et vous?
Alors je vous propose un petit exercice.
Arrêtez-vous.
Fermez tout.
Prenez 5 à 10 minutes.
Et réfléchissez à votre note.
Vous lui donneriez combien, à votre vie ?
Et surtout : qu’est-ce qui guide cette note ?
Est-ce que vous voyez votre vie comme un tout indissociable ?
Ou est-ce que, comme à l’école, vous avez des “matières” : vie professionnelle, vie privée, famille, santé, projets?
Si vous les dissociez, votre note globale est-elle une moyenne ? Ou certaines dimensions comptent-elles plus que d’autres ? Et puis vous verrez que d’autres questions arrivent. Est-ce que certaines notes influencent les autres ? Est-ce que certains événements font bouger plusieurs dimensions en même temps ? Est-ce que votre vie fonctionne comme un domino, où une petite modification peut entraîner un grand changement dans la note globale ?
Bref…
Beaucoup de questions. Et très peu de réponses dans cet article. Et si en plus je commence à vous donner des exercices… mais pour qui il se prend celui-là ?
Alors comment conclure ?
Je pense simplement que ces moments sont importants. Ces moments d’introspection. Certains les trouvent en méditant. D’autres en tenant un journal. D’autres en conduisant. Et puis certains… en écrivant des articles sur un blog.
Et puis ne soyons pas dupes : certains ne le font jamais… et ne s’en portent pas plus mal. Au fond, si tu es vraiment heureux dans ta vie, tu n’as sans doute pas besoin de te poser autant de questions.
Mais la conclusion de tout cela est peut-être plus simple. Il faut rester ouvert aux bons moments. Parce que parfois, une simple question posée à la mi-temps d’un banal match de football peut déclencher de longues réflexions… et peut-être même un petit changement dans nos habitudes.
Merci Maxime pour cela.
