Est-ce qu’avoir raison trop tôt, c’est avoir tort ?

Je me suis souvent posé la question.

Voir quelque chose venir avant les autres n’est pas toujours confortable.
On peut sentir qu’un modèle ne tiendra pas.
Comprendre qu’une décision devrait être prise.
Anticiper qu’un système va se tendre.

Avoir raison trop vite, est-ce une qualité ou un défaut ?

Comme beaucoup de choses, ce n’est ni noir ni blanc.

Quand avoir raison dérange

Parfois, avoir raison un peu avant les autres permet de prendre une longueur d’avance.
Parfois, cela dérange.

Parce que l’humain n’aime pas qu’on bouscule ses certitudes.

Il y a une phrase que je trouve terrible :
« Je te l’avais dit. »

Y a-t-il remarque plus irritante ?

Quand cela arrive une fois, cela passe.
Quand cela arrive souvent, cela peut devenir insupportable.
Et surtout, cela abîme.

Avoir raison peut créer de la distance.
Mettre en tension un système.
Isoler.

Et parfois, celui qui voit en premier passe pour celui qui “crie au loup”.

Le vrai sujet : la maturité collective

Si l’écosystème n’est pas prêt,
si les personnes ne sont pas prêtes,
si l’organisation n’a pas atteint son point de bascule…

La bonne analyse devient un problème.

À force d’accompagner des projets dans des domaines très différents, j’ai compris quelque chose d’essentiel :

La stratégie n’est pas seulement une question d’intelligence.
C’est une question de maturité collective.
De confiance.
Et de timing.

Avoir raison trop tôt n’est pas toujours une force.
C’est parfois une responsabilité mal calibrée.

Et puis j’ai appris autre chose

J’ai rarement été aussi fier de moi que le jour où j’ai accepté d’avoir tort.
Le jour où j’ai reconnu que quelqu’un d’autre avait raison.

Accepter que l’autre puisse voir plus juste que soi est sans doute l’une des formes d’intelligence les plus fortes.

Peut-être que la vraie compétence n’est ni d’avoir raison, ni d’avoir tort.

Mais de savoir quand défendre une conviction…
et quand la remettre en question.

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