Je ne sais pas pourquoi, mais ce passage à 41 ans m’a semblé plus difficile à encaisser que celui des 40.
40, c’est classe.
Tu as quel âge ? 40 ans.
Ça sonne bien, ça fait un peu expérimenté, accompli, c’est un beau chiffre.
Mais 41… bof.
Pas de symbolique, pas de signification particulière.
Personne ne se vante d’avoir 41 ans.
C’est un âge entre deux, un peu flottant.
Je n’ai pourtant jamais été de ceux qui ont peur de vieillir.
J’ai toujours préféré le moment présent plutôt que le passé.
Et puis, comme éternel insatisfait, j’ai toujours attendu demain avec impatience.
Et si je regarde dans le rétroviseur, je peux dire que ma 40e année, je l’ai bien rentabilisée.
Des changements de boulot multiples, plein de remises en question, une thérapie qui continue.
L’année de mes 40 ans a d’ailleurs été une des plus marquantes de ma vie.
Une année où j’ai vraiment eu l’impression d’évoluer.
La vie en cycles
Je vois la vie comme une série de cycles.
Et pour moi, ils durent vingt ans.
Les vingt premiers, ce sont ceux de la jeunesse, de la découverte, de l’école, des premières fois…
Pour être honnête, ce n’est pas mon cycle préféré.
Les vingt suivants, ce sont ceux des choix.
Les grands choix : les études, le boulot, le mariage, les enfants.
Tu avances sans trop te poser de questions.
Tu ne penses pas encore à la fin.
Ton corps suit, tu ne ressens pas la fatigue.
Et puis les enfants arrivent… tu dors moins, tu cours plus, tu gères tout, mais tu as 30 ans, donc tu tiens.
Je ne vais pas mentir : je me suis toujours posé énormément de questions.
Depuis tout petit.
Des insomnies à tourner et retourner les mêmes idées.
Certaines m’angoissaient, d’autres m’excitaient.
Et à 40 ans, je continue à m’en poser.
Mais ce ne sont plus les mêmes.
Dans ce cycle, on voit les choses autrement.
Et puis on commence à penser aux vingt prochaines années.
C’est ça, les débuts de cycle : tu te demandes ce que tu veux construire maintenant qui aura du sens pour la suite.

Peut-être que le troisième cycle, c’est celui du sens
Le premier, c’est celui de l’insouciance.
Le deuxième, celui des décisions.
Et le troisième… celui du sens.
On cherche à comprendre pourquoi on a fait tout ça, ce qu’on veut laisser, ce qui compte vraiment.
Et j’ai l’impression que les générations qui arrivent, elles, cherchent ce sens beaucoup plus tôt.
Et c’est bien.
Elles ne veulent plus seulement “réussir”, elles veulent que ce qu’elles font ait du sens.
C’est une vraie évolution, et je les envie un peu pour ça.
C’est difficile de dire quel cycle est le plus important.
Mais justement, s’il n’y en a pas un plus important que les autres, c’est qu’il faut les vivre à fond, tous.
Et donc, à 41 ans… est-ce que je rêve encore ?
C’est la vraie question de cet article (oui, l’intro était longue, je sais).
Ces dernières semaines, je me suis souvent demandé :
Est-ce que j’ai encore des rêves ?
Ou plutôt : est-ce qu’à 41 ans, on rêve encore ?
Pour ceux qui ont lu mon dernier article, j’avais évoqué une interview d’Inoxtag — le célèbre influenceur — qui conseillait de toujours croire en ses rêves.
Sur le papier, tout le monde est d’accord.
Mais dans la réalité, c’est autre chose.
Quels sont nos rêves ?
Et toi, même si tu n’as pas 40 ans, même si tu n’es pas dans ce “troisième cycle”, t’arrive-t-il encore de rêver ?
Et surtout, est-ce que tes choix quotidiens vont dans le sens de ces rêves ?
Le rêve, le pourquoi, et la direction
J’associe souvent la notion de rêve à celle du « pourquoi ».
Aujourd’hui, il m’arrive de coacher des gens — dans mon travail, mais aussi dans ma vie d’amitié.
Et cette notion de « pourquoi » revient sans cesse.
Elle mériterait un article à elle seule.
Mais le rêve, c’est encore autre chose.
Le rêve, c’est ce qui t’attire au loin, ce qui t’échappe encore un peu.
C’est un but parfois inatteignable… et pourtant, ne devrait-on pas tout faire pour l’atteindre ?
Le rêve n’est pas seulement professionnel.
Il n’est pas seulement humain.
C’est un tout.
Et parfois, on rêve de quelque chose, on se bat pour l’obtenir, et puis en s’en approchant, on se rend compte que ce n’était pas vraiment ça.
Pire encore : parfois, on l’atteint, et on réalise que ça ne valait pas un rêve.
Alors, est-ce qu’un rêve est un objectif ?
Ou au contraire, est-ce qu’il doit rester inatteignable, justement, pour continuer à nous guider, à nous motiver ?
Beaucoup de questions, peu de réponses.
Et c’est peut-être ça, la beauté du truc.
Il n’y a pas de vérité universelle.
Chacun a les siennes.
Et certains ne se posent même pas la question.
Et moi, alors ?
J’ai 41 ans, et aujourd’hui, en vous écrivant, je ne sais pas exactement quel est mon rêve.
J’ai bien quelques « pourquoi », pas mal d’envies, quelques certitudes (même si plusieurs ont été ébranlées ces dernières années)…
Mais le rêve, lui, reste flou.
Certains disent que 40 ans, c’est l’âge de la raison, celui où on arrête de rêver et où on vit simplement.
Mais moi, je ne suis pas d’accord.
Je pense qu’on ne doit jamais s’empêcher de rêver.

Le nouveau cycle
Alors, ce sera le but de cette nouvelle étape.
La première année de ce cycle a été celle du chamboulement :
on mélange tout, on remet tout en question, on se perd un peu, et certaines personnes sortent de ta vie.
C’est normal, quand on évolue.
Et puis d’autres arrivent.
Cette deuxième année, j’aimerais qu’elle soit celle où je me pose un peu.
Et où je recommence à rêver.
Peut-être que le vrai objectif de ce cycle, c’est justement ça :
atteindre ses rêves.
Et si, une fois atteints, on en trouve d’autres, tant mieux.
Parce que rêver, ce n’est pas fuir la réalité.
C’est lui donner une direction.
Bref… je m’appelle Thomas Parmentier, j’ai 41 ans, et j’ai décidé de recommencer à rêver.

